PISTES D’ÉCRITURE

Extrait des conseils d’écriture « La fabrique des Histoires », éditions Ellipses.

INVENTER DES REBONDISSEMENTS :

A moins d’avoir une plume, un style extraordinaire, si le lecteur devine d’avance où l’entraine le récit, il finira par survoler certains passages. Veiller à tenir en haleine le lecteur en soignant l’intrigue, en créant des ruptures, en peaufinant ses images, en personnalisant ses personnages… A chaque fois, trouver un enjeu différent.

 FAIRE DES CHOIX :

On ne peut pas traiter tous les sujets en une seule histoire. Le lecteur ne peut pas suivre dix intrigues en même temps. Il faut savoir renoncer, mettre de côté, réserver. On pourra toujours utiliser une idée, un détail, un autre personnage dans une autre histoire. Faire des couper-coller ? Placer ces bouts en annexe.

.LIRE SON ÉCRIT A VOIX HAUTE :

Lire son texte à voix haute afin de se rendre compte de l’enchaînement des phrases, de leur musicalité. Si l’on perd le fil et le sens de ce qui est écrit, retravailler un passage peut s’avérer utile. Ces récits apportent-ils de l’émotion ? Si ce n’est pas le cas, se poser la question suivante : cela manque-t-il ? Si oui, retravailler votre texte.

.SAVOIR INTRODUIRE UN PERSONNAGE :

Éviter les arrêts sur des images involontaires. Éviter d’introduire un personnage en exposant pendant 10 à 20 lignes son CV!

VEILLER AU RYTHME, A LA PONCTUATION, A LA CONSTRUCTION :

Penser à utiliser des points virgule. Le point virgule relie deux ou trois courtes phrases qui ont un lien entre elles, logique ou autre. Éviter les phrases nominales. Soigner les transitions entre chaque phrase, chaque paragraphe. Travailler jusqu’à obtenir la fluidité voulue. Ne pas avoir peur, dans certains cas, de travailler dix minutes une phrase.

SOUMETTRE SON ÉCRIT A DES LECTEURS:

Donner ses textes à lire à des gens, qui ne nous connaissent pas personnellement. Leurs retours peuvent être précieux.

 .SOIGNER LA MISE EN PAGE :

Travailler la mise en page, aérer son texte. Regrouper ses ‘bouts’ de paragraphes, en fonction du sens de ce qui est dit. La mise en page est comme une radiographie, on doit pouvoir y déceler un squelette, et comprendre comment les différentes parties sont reliées entre elles. Ou pourrait également prendre l’image d’une carte routière. Quel est l’axe principal, quelles sont les bretelles d’accès, les routes secondaires ? Y a-t-il des aires de repos, des voies d’accélération ? Quel genre de paysage défile sous nos yeux?

PENSER AU MESSAGE DE L’AUTEUR :

Puisque l’auteur traduit la vision qu’il a du monde et qu’il cherche à susciter chez le lecteur une certaine émotion (rire, indignation, pitié, peur), il est nécessaire de se demander quel genre de message à faire passer. Trouver la phrase clé du récit.

EXERCER SON SENS DE L’AUTOCRITIQUE :

Déchiffrer ses textes. Sont-ils trop descriptifs, argumentatifs, informatifs, lyriques, poétiques, explicatifs ? Détecter la tonalité de ses textes. Sont-ils toujours pathétiques, élégiaques, bucoliques, satiriques, humoristiques ? Faire de nouvelles « gammes ». Lister ses points forts, ses points faibles. Dresser une liste des éléments que l’on souhaite améliorer.

PRENDRE LE TEMPS DE LIRE :

Lire un auteur qui nous est cher. Recopier ou souligner des passages, repérer la syntaxe, le vocabulaire, les métaphores… et tout ce qui le rend unique à nos yeux. Lire un auteur que l’on n’aime pas. Essayer de comprendre pour quelle raison. Analyser son style. Trouver néanmoins ce qui fonctionne chez lui.